§ J. de Maistre
Les ouvrages du comte de Maistre ont été dernièrement proclamés comme des chefs-d’œuvre, par des hommes de parti qui auraient dû se borner à dire qu’on y trouve des choses excellentes ; et dans ce nombre sans doute on ne peut comprendre ses rêveries sur le bourreau, sur l'importance de ses fonctions ; on rappelle ici le nom de cet écrivain, seulement pour l’indiquer, comme manifestant une tendance au martinisme, surtout dans ses Soirées de Saint-Pétersbourg. Telle est l’assertion suivante : « Incessamment il sera [236] démontré que les corps célestes, sont mus précisément comme le corps humain, par des intelligences qui leur sont unies sans qu’on sache comment. C’est cependant ce qui est sur le point de se vérifier, sans qu’il y ait bientôt aucun moyen de disputer. Cette doctrine pourra sembler paradoxale sans doute, et même ridicule, parce que l’opinion environnante en impose ; mais, attendu que l’affinité naturelle de la religion naturelle et de la science les réunissent dans la tête d’un seul homme de génie, l’apparition de cet homme ne saurait être éloignée, et peut-être même il existe déjà, etc. (66). » Certes, tout homme sensé, tout chrétien éclairé croit à l’affinité naturelle de la religion et de la science, et abhorre comme une impiété, le plan des despotes qui, en simulant hypocritement la dévotion, repoussent le développement des sciences morales et politiques. Toujours en harmonie avec l’Évangile, elles révèlent aux nations leurs droits imprescriptibles, tandis que l’absolutisme s’efforce d’écarter la lumière et de museler les nations pour les asservir. Mais, au lieu de présenter comme opinion, assurément très innocente et possible, la réunion des deux substances matérielle et spirituelle dans les astres, ce qui les constitue dans l’état de personnes, le comte de Maistre assure, et [237] nous devons incessamment en avoir la preuve; recommande seulement d’attendre. Il a dans certain parti, en France surtout, de nombreux sectateurs, et même à Rome. Attendons.
§. Duménil
La Manifestation de l’esprit de vérité (attribuée à Duménil), publiée en 1819, est encore une de ces productions où quelques idées saines sont mêlées à d’étranges erreurs. « Il n’y a ni mitres, ni pontifes, ni ordonnances humaines, ni cérémonies pour le disciple de la vérité, point de sacerdoce, point de propriété. Là où l’on peut dire, ce champ est à moi, la terre m’appartient, l’homme n’est-il pas ennemi de l’homme, son maître, son tyran ? Toute richesse individuelle est contraire à la loi de Dieu, etc., etc. (67). »
| < Précédent | Suivant > |
|---|



