Site de Jean-Louis Boutin

Généalogie Peinture. Henri Michaux. Louis-Claude de Saint-Martin, Jean-Baptiste Willermoz

  • Augmenter la taille
  • Taille par défaut
  • Diminuer la taille
Accueil Présence de LCSM Dans les biographies Histoire des sectes religieuses (1828) - Divers théosophes

Histoire des sectes religieuses (1828) - Divers théosophes

Envoyer
Index de l'article
Histoire des sectes religieuses (1828)
Chapitre XIX
Jacques Bœhm
Divers théosophes
Muralt, précurseur des Martinistes
Martinistes et Théosophes
Saint-Martin
Dutois
Maistre - Duménil
Les réfutations
Le mesmérisme
Notes
Toutes les pages

§. Pierre Rombert

La découverte du nouveau monde y a porté les arts, et tout ce qu’on appelle les moyens de civilisation européenne ; mais avec eux les vices, les [212] erreurs, les rêveries ont franchi l’Atlantique, et dans le nombre se sont trouvées celles de Jacques Bœhm. Voici un échantillon du fruit qu’elles y ont produit.

Dutartre, issu de protestants réfugiés français, s’était fixé avec ses enfants en Caroline. Un prédicant morave les entêta des rêveries de Jacques Bœhm, et dès lors ils abandonnèrent le culte public. Une révélation apprit à l’un d'eux, Pierre Rombert, que bientôt, comme au temps de Noé, Dieu détruirait toute la race humaine, une seule famille exceptée, et cette famille privilégiée c’était la sienne.

Une seconde révélation lui dit que le premier mari de la veuve qu’il a épousée ressuscitera pour être avec elle ; qu’il doit dès lors la quitter pour épouser Judith Dutartre, sa cadette ; il l’obtient du père, elle devient enceinte. D’après les lois du pays contre la bâtardise, Judith Dutartre devait comparaître devant le magistrat. La famille, apprenant que le constable va venir, consulte le prophète, il assure que Dieu ordonne de s’armer contre lui et ses recors, en conséquence on tire sur le constable. Il y a du sang répandu, et le fanatisme de Pierre Rombert a produit un inceste, une révolte, un homicide, c’était en 1725.

Le procès s’entame. Trois hommes de la famille sont condamnés à mort, ils persistent dans leur folie jusqu’à l’exécution, en assurant qu’ils ressusciteront le troisième jour. La grossesse de Judith l’exemptait du supplice; deux de ses frères, plus [213] jeunes qu'elle, furent également condamnés, mais on suspendit l’exécution dans l’espérance qu’on les ramènerait à des idées saines ; ce qui effectivement arriva, quand ils virent que les autres ne ressuscitaient pas. Cependant un des deux frères redevint visionnaire, tua un homme, en assurant que Dieu le lui avait ordonné; et, avant de subir la peine capitale, il témoigna son repentir. Ainsi, par ce fanatisme tragique, six personnes perdirent la vie, un tué, un assassiné, quatre exécutés (13). Jacques Bœhm a donc prêché l’assassinat, la révolte ? Non, sans doute ; mais toutes les erreurs, tous les genres de folie exercent les uns sur les autres une sorte d’attraction et s’enchaînent.

§ Poiret

U n Messin, Poiret, mort en 1719, est vraisemblablement le premier qui ait répandu en France les systèmes du cordonnier de Gorlitz. Son traité latin, Idée de la théologie chrétienne, est composé d’après celle de Jacques Bœhm. La double doctrine, l’une secrète, l’autre publique, est un trait distinctif de l’antiquité ; c’est une remarque de Rolle dans ses recherches savantes sur Bacchus (14). Le célèbre Maimonides [sic] autorisait jadis les Juifs Espagnols à simuler le catholicisme. Poiret, dans sa Paix des bonnes âmes (15), autorise de même les [214] calvinistes restés en France, depuis la révocation de l’édit de. Nantes, à entendre la messe sans abandonner leur religion (16). Peut-on rappeler sans gémir que, de nos jours, un prélat catholique autorisait de même, dans un néophyte de Berne (Haller), cette scandaleuse hypocrisie (17) ?

§. Bertrand Lacoste

Antoinette Bourignon, formée à l’école de Bœhm, de Poiret, eut à son tour des disciples, entr’autres Bertrand Lacoste, ingénieur français à Hambourg. Persuadé qu’il tenait d’elle ses lumières dans les sciences, Lacoste lui dédia son livre sur la quadrature du cercle, et, faisant allusion aux lettres initiales d’Antoinette et de Bertrand, il déclare en langue algébrique qu’elle est l'A en théologie, et lui le B en mathématiques (18).

 



Mise à jour le Lundi, 14 Décembre 2009 16:06