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Accueil Présence de LCSM Dans les biographies Histoire des sectes religieuses (1828) - Le mesmérisme

Histoire des sectes religieuses (1828) - Le mesmérisme

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Index de l'article
Histoire des sectes religieuses (1828)
Chapitre XIX
Jacques Bœhm
Divers théosophes
Muralt, précurseur des Martinistes
Martinistes et Théosophes
Saint-Martin
Dutois
Maistre - Duménil
Les réfutations
Le mesmérisme
Notes
Toutes les pages

§. Le mesmérisme

Mesmer, ayant apporté chez nous sa théorie d’un fluide universel qui remplit l’espace, qui, par son mouvement, influe sur tous les corps et les met en rapport, se vit entouré de disciples parmi lesquels on distinguait, entre autres, Deslon, Bergasse, Court de Gebelin, le père Hervier, ancien bibliothécaire des Grands Augustins, et orateur éloquent.

L’influence respective des individus d’après une correspondance vraie, ou supposée telle, de volonté, d’imagination, de sensibilité ; telle est la base du mesmérisme. Le rapport secret des commissaires nommés par l’académie des sciences et la faculté de médecine de Paris, démontre comme incontestable l’influence pernicieuse du mesmérisme sur les mœurs entre les divers sexes, et particulièrement chez les femmes, dont le genre nerveux est plus irritable. A cette doctrine se rattache, celle [240] du somnambulisme, qu’on a voulu rattacher au swedenborgisme, au martinisme, à la rabdomancie, à la baguette de Thouvenel et au galvanisme. Les dangers résultant du mesmérisme sont absolument les mêmes que celui du naturalisme, des convulsions, dont le médecin Hecquet dévoila l’immoralité.

La théorie de Mesmer, présentée comme découverte, n’était rien moins que nouvelle. Le docteur Thouret a prouvé que le mesmérisme avait, pendant un siècle, formé en médecine une secte nombreuse, et fait éclore une foule de dissertations. Le magnétisme, qui, oublié pendant quelque temps et ressuscité de nos jours, s’est enté sur le mesmérisme, se divise en trois systèmes : 1°. Celui de Mesmer, qui admet, comme Épicure, les émanations de cet agent universel, fluide répandu partout ; 2°. celui de Puységur, qui s’étaie de faits et d’expériences ; 3°. celui des spiritualistes, ou, comme les appelait Saint-Martin, des spiritalistes [sic], dont les idées rentraient théosophiquement dans le plan de cet ouvrage. C’est par l’action de l’âme sur les objets créés qu’ils expliquent les phénomènes de la nature, l’harmonie entre les êtres corporels et le monde intellectuel. Ils exigent, et leur exemple inspire la confiance en Dieu, la résignation à ses volontés, le désir ardent et sincère de connaître la vérité comme dispositions nécessaires et indispensables pour être en communication avec les êtres immatériels, par une sorte [241] d’initiation, dont les formes sont conservées dans une tradition orale. On peut regarder ces idées comme réelles ou fantastiques, du moins elles ne blessent point le dogme ; mais dans le nombre des magnétiseurs, envisagés sous cette dénomination générale, on en rencontre quelques-uns qui franchissent les limites de l’orthodoxie.

Les annales magnétiques sont un vaste dépôt où les partisans du système ont déposé toutes leurs recherches sur cet objet, depuis nos jours jusqu’à la plus haute antiquité. On conçoit qu’ils n’auront pas oublié les sibylles, que saint Jérôme croyait inspirées par le démon, tandis que saint Hilaire était d’une opinion contraire. Aux sibylles, les annalistes assimilent les saintes Brigitte, Hedwige et Hildegarde, et prétendent que les guérisons par le tact sont possibles. Ils ajoutent que les merveilles opérées sur les crisiaques, au cimetière de Saint-Médard, ne devaient pas être attribuées ni à Dieu ni au démon, mais à la nature, même l’apparition de Saül à la pythonisse ; et, comme les néologues protestants, ils appliquent à d’autres faits surnaturels racontés dans la Bible, cette thaumaturgie médicale qui tendrait à démolir tout le plan de la révélation. Ils prétendent, en outre, que la faculté divinatoire, le pouvoir de scruter l’avenir, n’excède pas les forces de la nature, et qu’il est un attribut naturel de l’homme (72).

[242] Le baron d’Henin, qui appelle Puységur, Deleuze et leurs adhérents, fluidistes-magnétistes, leur reproche de donner à la pratique du magnétisme animal les caractères d’une religion mystique et superstitieuse, en exigeant une foi implicite. Les effets du magnétisme, bien que très étonnants sont, à son avis, très naturels, et par eux on peut expliquer les talismans, les maléfices, les visions, prédictions, apparitions, etc. (73).

Plusieurs ouvrages dirigés contre les partisans du magnétisme, du somnambulisme, déclarent nettement qu’il est l’œuvre du démon (74). L’abbé Fiard, qui l’assure, se vante d’une autre découverte non moins importante : c’est que le diable a fait la révolution française, à l’aide d’hommes et de femmes qui étaient, ou des démons incarnés, ou des adorateurs du diable (75).

L’auteur d’une thèse latine imprimée à Paris, en 1787, sous les yeux de Mesmer, attribuait à la [243] vertu magnétique les miracles opérés par Jésus-Christ (76) ; assertion blasphématoire, dont la traduction serait que l’Homme-Dieu était un imposteur. Le même écrivain pense que le premier degré, « le degré suprême pour être adepte, exige qu’on foule sacrilègement aux pieds le crucifix. » Quand on articule de telles accusations, il faut exhiber des preuves.

 



Mise à jour le Lundi, 14 Décembre 2009 16:06