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Accueil Présence de LCSM Dans les biographies Histoire des sectes religieuses (1828) - Chapitre XIX

Histoire des sectes religieuses (1828) - Chapitre XIX

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Index de l'article
Histoire des sectes religieuses (1828)
Chapitre XIX
Jacques Bœhm
Divers théosophes
Muralt, précurseur des Martinistes
Martinistes et Théosophes
Saint-Martin
Dutois
Maistre - Duménil
Les réfutations
Le mesmérisme
Notes
Toutes les pages

Chapitre XIX, pp. 204-243.

Théosophes, bœhmistes, martinistes, mesméristes, magnétistes.

§. Les théosophes

Parmi les théosophes européens, jadis il en était qui rattachaient leurs rêveries à l’alchimie. Robert Flud, Cardan, Paracelse, étaient pour eux des génies sublimes. La théurgie est l’art de lier commerce avec les génies supérieurs : c’est la définition donnée par Jamblique. Les théosophes, soit anciens, soit modernes, prétendent dériver leurs connaissances de l’illumination divine, de la communication avec Dieu qui leur révèle ses mystères, de leur commerce avec les intelligences. En général, ils assurent que les êtres créés du monde visible et ses phénomènes, correspondent à ceux du monde invisible. La raison et la religion s’associent naturellement à cette opinion qui offre aux cœurs purs des sujets d’admiration, de méditation dans lesquels l’âme se complait et s’attendrit.

Quel homme religieux et contemplateur n’a pas éprouvé maintes fois le plaisir de s’élever vers les régions célestes, de franchir par la pensée l’espace qui nous en sépare, de se figurer placé au [405] milieu des purs esprits, au milieu d’amis, de parents que la mort nous a ravis et qu’on espère retrouver dans un monde nouveau !

Mais quand les théosophes, quand Jacques Bœhm, Swedenborg et leurs disciples, s’élançant dans le monde invisible et roulant dans le vague, prétendent enrichir leurs itinéraires d’une carte exacte de ces régions inconnues, en rédiger une sorte de statistique, tracer le tableau de correspondance entre les objets sublunaires et le monde intellectuel, et dévoiler les secrets de la nature; ici commencent les aberrations : la divergence de leurs systèmes en offre la preuve complète.

Ces aberrations, surtout des philosophes modernes, anticipent sur la notice abrégée que sans doute le lecteur attend des théosophes, qui dans les seizième et dix-septième siècles ont amené la filiation de leur secte dans le dix-huitième et jusqu’à l’époque actuelle.

En Angleterre, Élisabeth Berton, vulgairement appelée la sainte fille de Kent sous Henri VIII, dont elle censurait le divorce, fut exécutée à Tyburne en 1534 (1). Un autre illuminé, sous Élisabeth, fut de même envoyé au supplice ; Jacques Naylor, sous Cromwel, fut condamné au pilori, à la prison, pour avoir soutenu que Jésus-Christ résidait en lui (2).

[206] Le nord de l’Europe abondait en extravagants de tous les genres. Autrefois Montan s’était dit l’esprit de Dieu, Ménandre le sauveur du monde, Manès le paraclet. David George, mort en 1596, se dit le Christ, le Messie (3).

Weigel, vanté par Boehm, assurait que de toute éternité, Marie avait été conçue par le Saint-Esprit ; Jésus-Christ avait deux corps, les anges avaient été créés pour être égaux à Dieu ; il révoquait en doute les merveilles opérées par Moïse et Élie (4).

Jean Bannier condamnait le mariage comme étant le fruit prohibé dans le Paradis terrestre (5).

Koller, mort en 1547 publia son fameux ouvrage Lux in tenebris. Un ange lui avait apparu sous une forme humaine, peut-être celui-là même qui dernièrement visitait un paysan de la Beauce.

Jean Rolh, qui se croyait destiné à détruire les rois impies, attendait de sa femme un fils qui, par ses miracles, établirait la cinquième monarchie.

Drabicius, dont les rêveries ont été publiées par Comenius en 1657, fut condamné à mort en 1671, [207] comme coupable de lèse-majesté divine et humaine (6).

Quirin Kuhlmann, accusé de bigamie, fut brûlé à Moscow en 1689, comme séditieux, ect., etc., etc., (7).

Dans cette liste qu’on pourrait enfler de beaucoup d’autres noms, on voit qu’une partie de ces fanatiques périrent par la hart, par le feu, tandis qu’il suffisait de les séquester [sic] de la société et de les traiter comme atteints de folie ; mais l’ignorance, l’intolérance, la vengeance, au lieu de consulter l’humanité et la justice, emploient communément pour punir des formes plus expéditives.

 



Mise à jour le Lundi, 14 Décembre 2009 16:06