comedie

VII. La Comédie humaine

Étude sur Balzac et la pensée saint-martinienne 

Source de l’image : Balzac par Pierre Jean David d’Angers (1788-1856)


Étude sur Balzac et la pensée saint-martinienne  - VII. La Comédie humaine

Robert Amadou, dans son étude sur Balzac et Saint-Martin a répertorié le nombre de citation du Philosophe inconnu auteur :

« Dans les écrits imprimés de Balzac, et selon notre relevé, le théosophe d’Amboise est nommé dix-neuf fois, en quinze passages différents, tantôt par son patronyme, Saint-Martin, régulièrement privé de la particule nobiliaire, (15 fois), tantôt par son pseudonyme, le Philosophe Inconnu (4 fois), cette dernière expression étant une fois réduite au seul mot ‘philosophe’ » ([1]).

1. Avant-propos de la Comédie humaine

Dans l’avant propos, nous trouvons une référence à Saint-Martin ([2]) :

« Ce serait une erreur de croire que la grande querelle qui, dans ces derniers temps, s’est émue entre Cuvier et Geoffroi Saint-Hilaire, reposait sur une innovation scientifique. L’unité de composition occupait déjà sous d’autres termes les plus grands esprits des deux siècles précédents. En relisant les œuvres si extraordinaires des écrivains mystiques qui se sont occupés des sciences dans leurs relations avec l’infini, tels que Swedenborg, Saint-Martin, etc., et les écrits des plus beaux génies en histoire naturelle, tels que Leibnitz, Buffon, Charles Bonnet, etc., on trouve dans les monades de Leibnitz, dans les molécules organiques de Buffon, dans la force végétatrice de Needham, dans l’emboîtement des parties similaires de Charles Bonnet, assez hardi pour écrire en 1760 : L’animal végète comme la plante ; on trouve, dis-je, les rudiments de la belle loi du soi pour soi sur laquelle repose l’unité de composition ».

2. Le Lys dans la vallée

Balzac publia en 1835 dans la Revue de Paris ([3]) la première et deuxième partie ; la troisième partie l’année suivante. Il ne publiera pas dans cette revue la dernière partie, suite à un procès avec la revue ([4]).

Reconnaissons avec Jean-Hervé Donnard, l’importance de la pensée saint-martinienne dans cet ouvrage :

« Il n’en demeure pas moins que la doctrine de Saint-Martin, même si à la fin elle est reniée, imprègne tout le roman et détermine ses structures. C’est elle qui inspire à Mme de Mortsauf à la fois ses vertus stoïques et sa douceur ; c’est elle qui apporte une justification métaphysique à sa morale fondée sur “la théorie des devoirs”. C’est elle qui confère à son existence des dimensions surnaturelles » ([5]).

Le vocabulaire emprunté à Saint-Martin

Dès le début du roman, Balzac parle de « la peinture des pâtiments subis en silence par les âmes ». Dans les éditions suivantes, et à l’instigation du Dr Nacquart, il remplacera ce terme par « tourments ». Pâtiments est bien un terme du vocabulaire de Saint-Martin comme on l’a vu précédemment.

Le narrateur, Félix de Vandenesse est, comme le Philosophe inconnu, mis en pension au collège de Pont-Le-Voy, chez les bénédictins, et non, comme le dit Balzac, chez les Oratoriens qui dirigeaient alors le collège de Vendôme où Balzac fut élève de 1807 à 1813.

Félix, lors de sa première communion, se jette « dans les mystérieuses profondeurs de la prière » et à douze ans va « frapper aux portes du Sanctuaire » (p.227).

Les citations de Saint-Martin

Dans cet ouvrage ([6]), Saint-Martin et/ou le Philosophe inconnu est cité 4 fois :

  • 1ère citation

« … Amie intime de la duchesse de Bourbon, madame d’Uxelles faisait partie d’une société sainte dont l’âme était M. Saint-Martin, né en Touraine, et surnommé le Philosophe inconnu. Les disciples de ce philosophe pratiquaient les vertus conseillées par les hautes spéculations de l’illuminisme mystique. Cette doctrine donne la clef des mondes divins, explique l’existence par des transformations où l’homme s’achemine à de sublimes destinées, libère le devoir de sa dégradation légale, applique aux peines de la vie la douceur inaltérable du quaker, et ordonne le mépris de la souffrance en inspirant je ne sais quoi de maternel pour l’ange que nous portons au ciel. C’est le stoïcisme ayant un avenir. La prière active et l’amour pur sont les éléments de cette foi qui sort du catholicisme de l’église romaine pour rentrer dans le christianisme de l’église primitive. Mademoiselle de Lenoncourt resta néanmoins au sein de l’église apostolique à laquelle sa tante fut toujours également fidèle. Rudement éprouvée par les tourmentes révolutionnaires, la marquise d’Uxelles avait pris, dans les derniers jours de sa vie, une teinte de piété passionnée qui versa dans l’âme de son enfant chéri, la lumière de l’amour céleste et l’huile de la joie intérieure, pour employer les expressions mêmes de Saint-Martin. Madame de Mortsauf reçut plusieurs fois cet homme de paix et de vertueux savoir à Clochegourde après la mort de sa tante, chez laquelle il venait souvent. Saint-Martin surveilla de Clochegourde ses derniers livres imprimés à Tours chez Letourmy » (pp. 61-62).

On peut rapprocher de ce texte le passage suivant du Ministère de l’Homme-Esprit :

« Le but final du mystère des choses divines et spirituelles, qui est lié avec le mystère de notre être, est de nous émouvoir et d'exciter en nous le sentiment de l'admiration, de la tendresse, de l'amour et de la reconnaissance. Le mystère de ces choses divines et spirituelles doit donc pouvoir percer jusque dans notre être fondamental lui-même, sans quoi ce double mystère qui nous lie aux choses divines, et qui lie les choses divines avec nous, manqueront absolument tout son effet » (p. 48).

De même, au sujet de la prière active et l’amour, ce texte de l’Homme de désir :

« L’amour et la prière de l’homme sont plus forts que sa destinée » (c.169, p.248).

L’opposition entre le catholicisme de l’église romaine et le christianisme de l’église primitive est largement abordée par Saint-Martin dans le Ministère de l’Homme-Esprit (pp.370-376).

Dans l’Homme de désir, nous trouvons deux occurrences de l’amour céleste :

« … Point de vertus, si l’amour céleste ne vient allumer son feu dans nos cœurs » (Chant 124, v.6).

« … Point de vertus, si l’amour céleste ne vient allumer son feu dans nos cœurs » (c.55, v.7).

Et l’expression huile sainte, l’huile de joie est associée à la lumière. Ainsi :

« Des rameaux ne sortent-ils pas du chandelier vivant, et leur sève n’est-elle pas l’huile sainte qui nourrit en moi la lumière ? N’est-elle pas cette huile qui se consume toujours et ne tarit jamais ? » (c.2, v.13).

« C’est que l’huile sainte puisée dans ta source est disséminée dans toutes les régions, et que ta lumière trouve partout un aliment qui lui est propre » (v.21).

« … L’huile de joie va couler dans le cœur de l’homme » (c.43, v.3).

« Elle [la lampe sacrée] est adaptée aux rameaux d’un olivier vivant, d’où découle une huile pure, qui lui fait répandre la lumière dans tout son éclat » (c.62, v.5).

« Qui pourra adresser assez de cantiques à l’olive ? N’est-ce pas d’elle que vient l’huile de joie dont l’élu saint a été oint par prédilection ? » (c.137, v.1).

« J’ai préféré de fixer les yeux de mes frères sur le foyer même, et sur l’huile de joie qui a servi d’onction aux élus de mon dieu » (c.301, v.6).

Rappelons, comme l’a remarqué R. Amadou, que

« Saint-Martin ne surveilla pas l’impression à Tours de ses derniers livres, par l’excellente raison que les seuls livres du théosophe publiés à Tours sont des Œuvres posthumes (chez Letourmy), qu’un petit-cousin édita quatre ans après sa mort » ([7]).

  • 2e citation

« Ah Natalie ! oui, certaines femmes partagent ici-bas les privilèges des Esprits Angéliques, et répandent comme eux cette lumière que Saint-Martin, le Philosophe Inconnu, disait être intelligente, mélodieuse et parfumée » (p. 242).

Cette phrase fait référence à L’Homme de désir, chant 46, v.21 :

« La lumière rendait des sons, la mélodie enfantait la lumière, les couleurs avaient du mouvement, parce que les couleurs étaient vivantes… ».

  • 3e citation

« Elle continua, disant qu’elle avait la certitude religieuse de pouvoir aimer un frère, sans offenser ni Dieu ni les hommes ; qu’il y avait quelque douceur à faire de ce culte, une image réelle de l’amour divin, qui, selon son bon Saint-Martin, est la vie du monde. Si je ne pouvais pas être pour elle quelque chose comme son vieux confesseur, moins qu’un amant, mais plus qu’un frère, il fallait ne plus nous voir ; elle saurait mourir en portant à Dieu ce surcroît de souffrances vives, supportées non sans larmes ni déchirements » (pp. 124-125).

Cette phrase fait référence à L’Homme de désir, chant 115, v.2 :

« C’était de sentir que l’amour divin avait pénétré sur la terre, et avait arraché quelques proies à l’ennemi ».

  • 4e citation

« Quelle singulière et mordante puissance est celle qui perpétuellement jette au fou un ange, à l’homme d’amour sincère et poétique une femme mauvaise, au petit la grande, à ce magot une belle et sublime créature. […] J'ai cherché longtemps le sens de cette énigme, je vous l’avoue. J’ai fouillé bien des mystères, j’ai découvert la raison de plusieurs lois naturelles, le sens de quelques hiéroglyphes divins ; de celui-ci, je ne sais rien, je l’étudie toujours comme une figure du casse-tête indien dont les brames se sont réservé la construction symbolique. Ici le génie du mal est trop visiblement le maître, et je n'ose accuser Dieu. Malheur sans remède, qui donc s’amuse à vous tisser ? Henriette et son Philosophe inconnu auraient-ils donc raison ? leur mysticisme contiendrait-il le sens général de l’humanité ? » (p.163).

Jean-Hervé Donnard, cite ce passage de l’Homme de désir (chant 21, v. et 23) comme justification du mal par Saint-Martin ([8]) :

« Toutes les violences de l’ennemi sont comme le tamis où le grain se trie et se sépare. Toutes les épines qu’il me fera sentir, détacheront à chaque froissement un pli de mon ancienne robe. […] Ce sont les hommes les plus ductiles et les plus doux que l’on fait souffrir davantage. À l’image de l’or, on peut les faire passer par la filière la plus étroite sans les casser ».

3. Ursule Mirouët

Ce roman a été publié dans le Messager, en août-septembre 1841, puis édité en volume en 1842, dans les Études de mœurs, Scènes de vie de province. Il a été également publié en 1853 chez Hachette et ne comprend qu’Ursule Mirouët ([9]).

Dans ce livre, Saint-Martin est cité une fois :

« Le vieillard médita jusqu’au soir sur ces événements, plus immenses encore pour lui que pour tout autre. Il fallait se rendre à l’évidence. Une forte muraille s’écroula pour ainsi dire en lui-même, car il vivait appuyé sur deux bases : son indifférence en matière de religion et sa dénégation du magnétisme. En prouvant que les sens, construction purement physique, organes dont tous les effets s’expliquaient, étaient terminés par quelques-uns des attributs de l’infini, le magnétisme renversait ou du moins lui paraissait renverser la puissante argumentation de Spinosa [sic] : l’infini et le fini, deux éléments, incompatibles selon ce grand homme, se trouvaient l’un dans l’autre. Quelque puissance qu’il accordât à la divisibilité, à la mobilité de la matière, il ne pouvait pas lui reconnaître des qualités quasi-divines. Enfin il était devenu trop vieux pour rattacher ces phénomènes à un système, pour les comparer à ceux du sommeil, de la vision, de la lumière. Toute sa science, basée sur les assertions de l’école de Locke et de Condillac, était en ruines. En voyant ses creuses idoles en pièces, nécessairement son incrédulité chancelait. Ainsi tout l’avantage, dans le combat de cette enfance catholique contre cette vieillesse voltairienne, allait être à Ursule. Dans ce fort démantelé, sur ces ruines ruisselait une lumière. Du sein de ces décombres éclatait la voix de la prière ! Néanmoins l’obstiné vieillard chercha querelle à ses doutes. Encore qu’il fût atteint au cœur, il ne se décidait pas, il luttait toujours contre Dieu. Cependant son esprit parut vacillant, il ne fut plus le même. Devenu songeur outre mesure, il lisait les Pensées de Pascal, il lisait la sublime Histoire des Variations de Bossuet, il lisait Bonald, il lut saint Augustin ; il voulut aussi parcourir les œuvres de Swedenborg et de feu Saint-Martin, desquels lui avait parlé l’homme mystérieux. L’édifice bâti chez cet homme par le matérialisme craquait de toutes parts, il ne fallait plus qu’une secousse; et, quand son cœur fut mûr pour Dieu, il tomba dans la vigne céleste comme tombent les fruits. Plusieurs fois déjà, le soir, en jouant avec le curé, sa filleule à côté d’eux, il avait fait des questions qui, relativement à ses opinions, paraissaient singulières à l’abbé Chaperon, ignorant encore du travail intérieur par lequel Dieu redressait cette belle conscience » (p. 65).

4. Scènes de la vie privée – Une fille d’Ève

Balzac publie en 1842 le tome deuxième de Scènes de la vie privée. Dans Une fille d’Êve, nous trouvons une référence à Saint-Martin ([10]) :

« Il (Schmuke) était si heureux de faire éclore le rire sur les lèvres de ses deux écolières, dont la malheureuse vie avait été pénétrée par lui, qu’il se fût rendu ridicule exprès, s’il ne l’eût pas été naturellement ; mais son cœur eût renouvelé les vulgarités les plus populaires ; il eût, suivant une belle expression de feu Saint-Martin, doré de la boue avec son céleste sourire. D’après une des plus nobles idées de l’éducation religieuse, les deux Marie reconduisaient leur maître avec respect jusqu’à la porte de l’appartement. Là, les deux pauvres filles lui disaient quelques douces phrases, heureuses de rendre cet homme heureux : elles ne pouvaient se montrer femmes que pour lui !

Allusion certaine au n° 1009 du Portrait historique (Œuvres posthumes, t. I, p. 119) :

« J’ai dit quelquefois que les écrivains ne nous donnaient que de la crotte dorée, et que moi je leur donnais de l’or crotté » ([11]).

5. Les Martyrs ignorés

« Physidor. Tout ici bas a sa vertu, c’est-à-dire sa force, les strychnos comme les roses de Provins, et les marbres aussi bien que les hommes, comprenez-vous ? Eh bien ! ces forces correspondent entre elles, vont à des centres. Y êtes-vous ? Le magisme est la science qui vous révèle la marche de ces forces; nous pouvons alors en user, et l’on voit alors les âmes. J’étais comme hébété en écoutant ces phrases incomplètes qui ressemblaient à la nuit de la pensée, et faisaient supposer le jour ; un peu plus, et tout devenait lucide. A l’état de mes yeux, le vieillard s’aperçut de la tension de mes forces morales, et me dit en souriant : — Laissons cela, je n’en parlais qu’avec ce pauvre Saint-Martin qui s’est laissé mourir, et qui avait des connaissances en ce genre ; nous avions formé le projet d’aller dans les Indes, mais il n’était pas assez entreprenant, quoique Tourangeau » ([12]).

Saint-Martin n’a semble-t-il jamais envisagé un voyage aux Indes. R. Amadou note l’intérêt que le Philosophe inconnu a eu pour ce pays en citant un extrait de la préface du Ministère de l’homme-esprit :

« Les richesses littéraires de l’Asie viendront aussi à leur secours. Quand ils verront les nombreux trésors que la littérature indienne commence à nous offrir; quand ils parcourront tout ce que nous promettent les recherches asiatiques de la société de Calcutta; le Mahabharat, recueil de seize poèmes épiques, contenant 100000 stances sur la mythologie, la religion et la morale des Indiens, et sur leur histoire ; l’Oupnek’hat, traduit par M. Anquetil, et qui contient des extraits des Vedas, etc. ils pourront être frappés des rapports qu’ils apercevront entre les opinions orientales et celles de l’occident sur les points les plus importuns. Les uns pourront chercher dans cette mine les correspondances des langues par les alphabets, les inscriptions et les monuments. Les autres pourront y apercevoir les bases de toute la théogonie fabuleuse des Egyptiens, des Grecs et des Romains. D’autres enfin y trouveront surtout des similitudes frappantes avec tous les dogmes publiés depuis quelques siècles par les divers spiritualistes de l’Europe, qu’ils ne soupçonneront pas d’avoir été les apprendre dans l’Inde. Mes écrits alors leur paraîtront probablement moins obscurs et moins repoussants, puisqu’ils y découvriront ces mêmes dogmes répandus dans des lieux si distants, et à des époques si éloignées les unes des autres. En attendant que ces richesses théosophiques de l’Asie me soient plus connues, et que je puisse moi-même en retirer d’utiles clartés, je dois prévenir qu’elles ne pourront pas plus que les autres livres porter l’homme au-delà du spiritualisme spéculatif ; il n’y a que le développement radical de notre essence intime qui puisse nous conduire au spiritualisme actif » ([13]).


Notes

[1] R. Amadou, art. cit., p. 36.

[2] Balzac, Œuvres complètes, La comédie humaine – Première partie : Études de mœurs - Livre premier ; Scènes de la vie privée. Paris, Michel Lévy, 1869, pp. 1-2.

[3] Revue de Paris, tome XXIII p. 217 et sq. et 289 et sq. ; tome XXIV (décembre 1836), pp. 201-250.

[4] Voir la Revue de Paris, tome XXX, 5 juin 1836, Un dernier mot à M. de Balzac, pp. 52-58 qui clôt le procès entre l’auteur et la revue.

[5] Œuvres complètes, PL, t. IX, Le Lys dans la vallée, Introduction, p.907.

[6] Pour les citations, nous nous servons du Lys dans la vallée, nouvelle édition, revue et corrigée, éditée à Paris en 1839 par Charpentier. C’est nous qui soulignons.

[7] R. Amadou, art. cit., p. 58.

[8] Balzac, « Le Lys dans la vallée », Œuvres complètes, La Pléiade, 2007, T. IX, p. 1079, note 5.

[9] Scènes de la vie de Province, Tome I - Ursule MirouëtEugénie GrandetLes Célibataires : Pierrette - Paris Furne – Dubochet – Metzel 1843. Balzac, Ursule Mirouët, Paris, Hachette 1853, Bibliothèque des chemins de fer. Le passage que nous citons se trouve à la page 119. C’est nous qui soulignons.

[10] Scènes de la vie privée, comprenant Mémoires de deux jeunes mariées, Une fille d’Êve, La Femme abandonnée, La Grenadière, le Message, Godseck, Autres études de femmes. Tome deuxième, 1842, p. 201.

[11] R. Amadou, art. cit., p. 59.

[12] Balzac, Études philosophiques, tome XII, op. cit., p. 250-251.

[13] Louis-Claude de Saint-Martin, Le Ministère de l’Homme-Esprit, op. cit., Préface, p. XIII-XIV.


« Les hommes ne sont pas encore assez sages. Ils ne savent pas qu'il faut séparer toute espèce de religion de toute espèce de gouvernement; que la religion ne doit pas plus être une affaire d'État que la manière de faire la cuisine ; qu'il doit être permis de prier Dieu à sa mode, comme de manger suivant son goût ; et que, pourvu qu'on soit soumis aux lois, l'estomac et la conscience doivent avoir leur liberté entière. Cela viendra un jour, mais je mourrai avec la douleur de n'avoir pas vu cet heureux temps. »

Voltaire le 19 mars 1765 à son ami Bertrand, Pasteur à Berne.

Aller au haut